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Sénégal: les premiers défis à relever par le nouveau Premier ministre !

Le nouveau locataire de la Primature sénégalaise a pris fonction. Il devra désormais s’atteler sur la composition de son équipe gouvernementale, censée être restreinte pour des raisons de déficits économiques.

Le Sénégal est toujours dans l’attente d’un gouvernement alors qu’Ousmane Sonko a officiellement passé la main, le vendredi 29 mai, au Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô nommé lundi. Plusieurs chantiers urgent attendent la future nouvelle équipe gouvernementale ; le successeur d’Ousmane Sonko doit notamment composer avec une situation financière extrêmement tendue, aggravée par la hausse des cours pétroliers.

Première urgence, il y a la gestion de la dette du Sénégal, estimée à 132% du PIB.  Avec cette importante échéance toute proche : d’ici juillet 2026, le Sénégal doit payer l’équivalent de trois mois de rentrées budgétaires pour rembourser le service de la dette. La somme – 1 200 milliards de francs CFA – est énorme.

Des investisseurs plus frileux ?

 Et ce, alors que le pays peine, ces dernières semaines, à lever des fonds. Sur les 278 milliards de francs CFA que Dakar visait d’emprunter en mai, seuls 84 milliards de francs CFA ont été levé sur le marché régional. Un montant insuffisant, preuve de la frilosité grandissante des investisseurs. S’ajoute à cela des arriérés de paiement du Sénégal auprès de plusieurs bailleurs. Notamment la Banque africaine de développement (BAD) ou encore la Banque arabe pour le développement économique en Afrique.

Dans ce contexte, difficile d’imaginer comment le Sénégal va pouvoir continuer à honorer sa dette pendant les prochains mois. Deux options s’offrent au Premier ministre, restructurer, c’est-à-dire renégocier les échéances de remboursement en étant accompagné par le Fond monétaire international. Ce qu’Ousmane Sonko, jusqu’à présent, a toujours refusé. Ou poursuivre les remboursements en empruntant avec le risque de plus en plus élevé de faire défaut, c’est-à-dire d’arrêter de payer.

Calendrier serré

 Quelle que soit l’option choisie, le calendrier est serré. Une nouvelle mission du FMI, conduite par l’économiste espagnole Mercedes Vera Martin, devait débuter le 8 juin à Dakar pour des discussions techniques. Mais l’institution attend qu’un nouveau gouvernement soit nommé pour savoir si, et quand, les autorités seront prêtes à les recevoir.

Avec RFI