En Tunisie, le 25 juillet marque l’anniversaire de la proclamation de la République tunisienne en 1957. Mais cette date est aujourd’hui aussi celle des cinq ans du coup constitutionnel du président Kaïs Saïed. Le 25 juillet 2021, sur fond de crise sanitaire et politique, le président du pays depuis 2019 s’empare des pouvoirs, limoge le gouvernement et gèle les travaux du Parlement, décrétant un état d’exception. Cinq ans plus tard, le pays vit une dérive autoritaire et une période de fortes tensions liées à des coupures d’électricité et d’eau.
Il y a trois ans, jour pour jour, en Tunisie, le président Kais Saïed gelait le Parlement. Le pouvoir législatif était bloqué par l’absence de majorité claire. Les députés n’hésitaient pas à se battre dans l’hémicycle.
Depuis, le bilan des cinq ans du régime du président Kaïs Saïed reste mitigé et ponctué de polémiques, même si le chef de l’État a été réélu en 2024 et demeure populaire auprès d’une certaine partie de la population.
Ces dernières années ont été marquées par le démantèlement des institutions acquises avec la Révolution, la répression des opposants politiques et de nombreuses pressions sur la liberté d’expression, sans compter les mauvais traitements à l’égard des migrants subsahariens.
Avec la crise économique qui dure depuis des années et le climat actuel de coupures d’électricité et d’eau, les derniers garde-fous institutionnels dénoncent de plus en plus ouvertement le bilan du président Kaïs Saïed.
L’Ordre des avocats a publié un communiqué pour dénoncer la dégradation de l’état du pays. La centrale syndicale, l’UGTT, accuse le gouvernement de ne pas avoir tenu ses promesses économiques.
Les Tunisiens, malgré leurs divisions politiques, restent unanimes pour dénoncer les coupures d’électricité, devenues quotidiennes depuis une quinzaine de jours, en raison d’opérations de délestage du réseau électrique.
Face à ce climat volatil, des associations ont appelé à manifester ce samedi 25 juillet, en plus des protestations nocturnes qui ont déjà eu lieu, à intervalles séparés, dans plusieurs régions du pays.
Par RFI






