Le laxisme, l’impunité et l’indulgence sélective ont trop duré. Et toi, tu t’abandonnes au sommeil du juste, tandis que tout s’effondre. Stop aux deux poids, deux mesures. Point final. Dame Thémis, j’ai envie de te balancer ce vers d’Elie Kamano, toi qui détournes le regard tandis que ta propre progéniture disparaît : « Si vous appliquez une loi à Sory et Soriba/ Il faut appliquer la même à Mory et Moriba ».
Ta promptitude sélective nous révulse, Dame Thémis. ». Tu es devenue une boussole détraquée : un guide qui ne guide plus, un repère qui égare. Dame Thémis, comment peux‑tu oublier le principe d’indivisibilité de la République, gravé en lettres d’or par nos anciennes constitutions et réaffirmé avec force par celle de 2025 ?
Tu t’enveloppes d’oubli et l’aveuglement : c’est écœurant. Dame Thémis, que ces faits te soient enfin rappelés : Depuis quelques jours, le pèlerin de la division prêche le morcellement, la fracture de ta maison. Il tient le briquet et l’essence. Agis avant que ta demeure ne s’embrase. Il clame son discours au grand jour : un appel assumé à l’ostracisme. Moussa Mara, alias Elsi‑Si, proclame son message sans filtre : il appelle ouvertement à l’exclusion d’une communauté de la République de Guinée. Dans un excès d’outrecuidance, il va jusqu’à suggérer que l’État refuse des actes de naissance aux enfants de cette communauté. Dame Thémis, nul besoin de t’exposer une dissertation juridique pour mesurer la gravité et la dangerosité d’un tel discours. C’est un discours de haine qui sape les efforts et les sacrifices consentis pour bâtir une République solide. Il ébranle jusqu’au fondement même de notre République.
Dame Thémis, aucune hésitation, aucun délai : corrige‑le sans délai. Quarante‑huit heures ont passé, et te voilà silencieuse, volontairement aveugle. Ton silence vaut approbation. Qui ne dit mot consent, Dame Thémis. Tu détournes le regard. Serait‑ce parce qu’il compte parmi les soutiens du régime ? Si ces propos étaient sortis de la bouche d’un opposant, il croupirait déjà dans les geôles. C’est une lapalissade. Tu nourris la division en laissant libre cours au chantre de l’ethnicisme. Un semeur de division, quel que soit son camp, doit être foudroyé, Dame Thémis.
La République dépasse de loin les intérêts d’un camp politique. Le soutien au pouvoir n’accorde pas un permis d’impunité pour vociférer. Pour freiner tout cela, affirme ton indépendance : reprends le bâton, frappe du poing sur la table et mets fin au désordre qui gangrène la République.
Mamadou BARRY III







