La 30e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP30), prévue à Belém, au Brésil, du 10 au 21 novembre 2025, constitue une étape cruciale pour la diplomatie climatique mondiale. Pour les pays africains, cette conférence représente bien plus qu’un rendez-vous environnemental : c’est une bataille pour la justice climatique, le financement durable et la reconnaissance de leur rôle stratégique dans la transition écologique mondiale.
Pour le continent africain, les enjeux se présentent comme suit :
- Le contexte climatique africain
L’Afrique contribue à moins de 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, mais elle subit de plein fouet les conséquences du dérèglement climatique : sécheresses prolongées, inondations, baisse de la productivité agricole et insécurité alimentaire. Face à cette vulnérabilité, les États africains tentent de s’unir pour défendre leurs intérêts à travers le Groupe africain des négociateurs (AGN).
- Le financement climatique, priorité absolue
Les pays africains attendent des engagements financiers concrets pour soutenir leurs politiques d’adaptation et de transition énergétique. Lors de la COP29, les promesses de financement ont été jugées insuffisantes. À la COP30, l’Afrique exigera un accès simplifié, équitable et non endettant aux fonds climatiques internationaux, notamment le Fonds pour les pertes et dommages créé lors de la COP27.
- L’adaptation et la résilience
L’enjeu principal reste l’adaptation. Les pays africains réclament que les politiques climatiques mondiales ne se limitent pas à la réduction des émissions, mais incluent des mesures d’adaptation concrètes : renforcement des infrastructures, développement d’une agriculture résiliente, gestion durable de l’eau et protection des populations vulnérables.
- La justice climatique et les pertes et dommages
L’Afrique plaide pour une reconnaissance pleine de la responsabilité historique des pays industrialisés dans le changement climatique. Elle exige la mise en œuvre effective du mécanisme de compensation des pertes et dommages afin de réparer les impacts subis par les pays du Sud. Les forêts tropicales, notamment celles du Bassin du Congo, sont également au cœur des discussions comme puits de carbone essentiels à préserver.
- Une transition énergétique juste
Les pays africains veulent mener leur propre transition énergétique, adaptée à leurs réalités économiques. Ils disposent d’un potentiel considérable en énergies renouvelables — solaire, hydraulique, éolien —, mais réclament un soutien technologique et financier pour développer ces filières sans compromettre leur croissance ni aggraver leur dette.
- Une voix africaine unie
L’un des défis majeurs pour la COP30 est la coordination des positions africaines. Les 54 États du continent cherchent à parler d’une seule voix afin de peser dans les négociations internationales. Une diplomatie climatique unifiée renforcerait la crédibilité du continent et sa capacité à obtenir des avancées concrètes.
Pour terminer, il faut noter la COP30 représente une occasion historique pour l’Afrique de transformer sa vulnérabilité climatique en levier de développement durable. Si les promesses financières se concrétisent et si la voix africaine reste unie, le continent pourra devenir un acteur central de la transition écologique mondiale, tout en préservant ses intérêts économiques et sociaux.
Par Mamadou DIALLO
Amadou Diogo Diallo
Mohamadou DIALLO
BAH Oumar Diogo, BARRY Thierno Amadou,
BAH Thierno Aliou, DIALLO Souleymane, et
DIALLO Alpha Yagouba, pour Afriquevision.info





