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Fer guinéen : 6 mois après ses premières expéditions vers la Chine, Simandou affiche l’évolution de ses activités

Après plus de 20 ans de retards, de litiges et de négociations, le projet guinéen de minerai de fer Simandou est désormais observé bien au-delà de l’Afrique de l’Ouest. Sa montée en régime pourrait, à terme, modifier les équilibres d’un marché dominé depuis des décennies par l’Australie et le Brésil.

En Guinée, les exportations de minerai de fer de Simandou ont fortement progressé, depuis les premières cargaisons commerciales expédiées vers la Chine, il y a environ six mois.

Selon les données de suivi maritime compilées par Kpler et relayées cette semaine par Bloomberg, les volumes chargés au port de Morebaya ont atteint 2,2 millions de tonnes durant le mois de mai, contre 1,3 million de tonnes en avril et moins de 600 000 tonnes mensuelles au cours du premier trimestre. De son côté, le cabinet DBX Commodities avance un volume légèrement supérieur, à 2,3 millions de tonnes. Dans les deux cas, il s’agit du niveau le plus élevé enregistré depuis le démarrage des exportations commerciales à la fin de l’année 2025.

Cette progression survient alors que plusieurs observateurs anticipaient un premier semestre plus lent. En cause, les contraintes logistiques liées à l’exploitation simultanée de la mine, du chemin de fer et des infrastructures portuaires construites pour acheminer le minerai jusqu’à la côte atlantique. « Le consensus au début de l’année était celui d’un premier semestre lent et contraint en raison des goulets d’étranglement logistiques sur le réseau ferroviaire », explique Alexandre Claude, fondateur de DBX Commodities, cité par Bloomberg.

Alexandre Claude a aussi indiqué que la performance actuelle pourrait traduire une amélioration du rythme de chargement au port de Morebaya, à mesure que les infrastructures gagnent en maturité.

Le pari industriel de Simandou

Situé dans le sud-est de la Guinée, le complexe Simandou est composé de quatre blocs miniers. Les blocs 1 et 2 sont exploités par le consortium sino-singapourien BWCS, tandis que les blocs 3 et 4 sont développés par Simfer, coentreprise associant Rio Tinto, Chinalco et l’État guinéen.

Le projet repose sur des infrastructures de grande ampleur. Le minerai extrait dans la région de la Guinée forestière est acheminé vers la côte atlantique grâce au corridor du Transguinéen, un réseau ferroviaire de plus de 600 kilomètres connectés à un nouveau port minéralier. À pleine capacité, Simandou devrait exporter jusqu’à 120 millions de tonnes de minerai de fer par an, soit près de 5% de l’offre mondiale. Son minerai affiche en outre une teneur moyenne en fer de 65,8%, niveau comparable à celui des meilleurs gisements brésiliens et supérieur à celui d’une grande partie de la production australienne.

Ces caractéristiques expliquent l’attention particulière portée au projet par les producteurs, les négociants et les sidérurgistes. Certains analystes estiment que l’arrivée progressive de nouveaux volumes pourrait accentuer la pression sur les prix du minerai de fer. D’autres soulignent que la qualité élevée du minerai guinéen pourrait lui permettre de trouver sa place sans nécessairement évincer d’autres producteurs.

Les prochains mois permettront de déterminer si la hausse observée depuis avril marque le début d’une accélération durable ou une progression temporaire liée à la montée en régime des nouvelles infrastructures, dans un marché déjà attentif à l’arrivée progressive du minerai guinéen.

 

Agence Ecofin