À l’approche de la 17ème conférence mondiale de la convention cadre des Nations Unies de la diversité biologique, les États signataires étaient récemment en réunion de préparation au Kenya pour peaufiner les derniers points avant le rendez-vous en octobre à Erevan en Arménie.
Pendant ce mini-sommet tenu du 27 juillet au 12 août 2026 à Nairobi, les négociateurs de différents pays ont indiqué la nécessité d’un dialogue sur des sujets allant de la mobilisation des ressources et du mécanisme financier de la Convention au rôle de la communication et de l’éducation, en passant par l’intégration de la biodiversité. Les Parties ont également formulé des recommandations visant à renforcer les politiques, les ressources, les institutions, la coopération et les capacités nécessaires pour traduire les engagements nationaux et internationaux en faveur de la biodiversité en actions concrètes, précise une conclusion qui est parvenue à notre rédaction.
Selon le secrétariat de la convention, avant cette conférence, les délégations étaient retrouvées lors des deux autres réunions, pour examiner les messages clés et les conclusions du premier rapport sur les progrès accomplis dans le cadre mondial de Kunming-Montréal pour la biodiversité, intitulé « État des lieux de l’action en matière de biodiversité », afin de parvenir à une compréhension commune de la manière dont les lacunes en matière de progrès peuvent être comblées.
Adoptés en 2022, les objectifs de biodiversité pour 2030 ont atteint la moitié du chemin, et un engagement et une dynamique sans précédent ont été générés, avec 130 Parties (plus de 70 %) ayant soumis des rapports nationaux et 172 Parties (près de 90 %) ayant soumis des objectifs nationaux qui adaptent l’ambition mondiale aux circonstances nationales, a annoncé la CDB dans leur rapport final.
Pour Astrid Schomaker, Secrétaire exécutive de la Convention, qui a déclaré à l’issue des réunions : « Je pense que nous pouvons tous quitter Nairobi avec un sentiment de satisfaction quant aux résultats obtenus ici. Cependant, la tâche qui nous attend à Erevan dans neuf semaines exigera toute l’énergie et la détermination dont les Parties sont capables. » Elle a ajouté : « Lorsque les Parties se réuniront en octobre pour la COP 17 et les réunions des Protocoles de Carthagène et de Nagoya, nous aurons besoin d’un accord ferme sur les moyens de combler les lacunes identifiées dans le rapport mondial afin de rester sur la bonne voie pour atteindre les buts et objectifs du Cadre mondial pour la biodiversité. »
D’après elle : « Il est vrai que des progrès sont réalisés pour tous les objectifs. Cependant, la mise en œuvre n’est pas encore au rythme et à l’échelle nécessaires pour atteindre les objectifs du KMGBF. Moins de la moitié des objectifs nationaux alignés évalués par les Parties sont actuellement en bonne voie, les principaux écarts concernant la mobilisation des financements pour la biodiversité, la réforme des subventions néfastes, la prise en compte des impacts et des dépendances des entreprises, et la transition vers une consommation durable. », a-t-elle indiqué.
À en croire les documents rendus publics, ils s’appuient sur le nombre record de rapports nationaux soumis par les Parties avant l’échéance de février 2026. Un rapport qui constitue une base factuelle solide pour évaluer les progrès accomplis à ce jour dans la réalisation des 23 cibles du Cadre. Il servira de fondement à l’examen des progrès collectifs accomplis dans sa mise en œuvre – un des points les plus importants à l’ordre du jour de la COP 17 à Erevan, qui examinera également les moyens d’accélérer le rythme des progrès.
Bien que les données du rapport mondial témoignent d’efforts prometteurs concernant les objectifs de conservation, d’autres aspects relatifs aux moyens de mise en œuvre, tels que la mobilisation des ressources, la réaffectation des subventions néfastes ou la gouvernance inclusive, ont progressé lentement, ont annoncé les acteurs. À l’issue des deux réunions de Nairobi, les Parties ont réalisé des progrès significatifs en reconnaissant l’état actuel de l’action en faveur de la biodiversité et les progrès inégaux accomplis, ont-ils nuancé.
Mais des divergences subsistent toutefois quant à la manière d’accélérer les mesures prises pour atteindre les objectifs de 2030. Les discussions approfondies autour du Fonds Cali ont souligné son importance cruciale en tant qu’instrument permettant au secteur privé de contribuer à la protection de l’environnement, et ont mis en lumière la ferme volonté des Parties de veiller à ce que sa gouvernance et son fonctionnement soient pleinement conformes aux priorités de la Convention.
Selon les délégations, les conclusions du rapport, ainsi que les recommandations des groupes de travail SBSTTA-28 et SBI-7, alimenteront la Conférence des Nations Unies sur la biodiversité de 2026, qui se tiendra du 19 au 30 octobre 2026 à Erevan, notamment la COP 17 et les réunions des Parties aux Protocoles de Carthagène et de Nagoya. Lors de la COP 17, les Parties procéderont au premier examen mondial des progrès collectifs accomplis dans la mise en œuvre du Cadre global pour la biodiversité marine (KMGBF), précise le compte rendu des pays participants.
Désormais tous les yeux sont rivés vers la prochaine conférence pour voir si les ambitions des parties restent affichées selon les objectifs fixés.
Mamadou DIALLO pour Afriquevision.Info
@Afriquevision1







