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Lyon en France : « Nous accompagnons les Guinéens de la région en fonction de nos capacités », Madame Diallo Aissatou

À la rencontre de la présidente de l’association des Guinéens de Rhône-Alpes. Dans cette interview accordée à notre rédaction, la première responsable de cette structure des Guinéens de la région de Rhône-Alpes, située au sud-est de la France,  Madame Diallo Aissatou nous parle de la vie associative de la communauté qu’elle dirige ainsi que les difficultés auxquelles les six mille Guinéens vivants dans la zone rencontrent. Lisez…. 

Afriquevision.info : combien de Guinéens vivent aujourd’hui sur le territoire français particulièrement à Lyon ?

Aïssatou Diallo : Lyon et ses alentours, c’est-à-dire Grenoble, Saint-Etienne, Annecy, Saint-Priest, Vénissieux Bron et les autres villes, nous sommes à peu près 6 000 Guinéens.

Afriquevision.info : comment êtes-vous organisés ?

Aïssatou Diallo : on est organisé par association, par affinité, par centre d’intérêt social, par localité, par copinage. Nous avons toutes ces structures associatives. Mais l’association CGRA (communauté guinéenne de Rhône-Alpes) est considérée comme la mère par le fait qu’elle représente tous les guinéens sans distinction. On travaille avec l’Ambassade de Guinée à Paris dans le cadre des élections présidentielles, nos démarches administratives comme les : passeports, cartes consulaires…). Nous collaborons également dans le sillage de la fête consulaire organisée par la ville de Lyon, dont nous  tenons le stand pour accueillir la population guinéenne de la région de Rhône-Alpes, les membres de la représentation diplomatique et ceux du ministère de la Culture de Guinée.

Afriquevision.info : est-ce qu’il y a des associations guinéennes dans toutes les grandes villes de France ?

Aïssatou Diallo :oui ! On est champion dans la création d’association de tout genre, surtout nous les femmes. Pour l’agglomération Lyonnaise, on peut compter au moins 100 associations guinéennes.

Afriquevision.info : est-ce qu’il y a une coordination entre les différentes associations ?

Aïssatou Diallo : à ma connaissance, il n’y pas de coordinations entre les associations ici. J’appris qu’à Paris, il y a une fédération des associations guinéennes. Cependant, nous ne nous y sommes pas fédérées.

Afriquevision.info : comment faites-vous pour recenser les Guinéens qui sont là ?

Aïssatou Diallo : il y a deux voix qui s’ouvrent à nous. Quand il s’agit de refaire les documents à Paris et quand il y a des élections qui font qu’on peut savoir combien de Guinéens sont là. Et quand on se retrouve dans les fêtes, on essaie de récupérer des numéros de téléphone des gens. D’autres aussi viennent s’inscrire directement. C’est comme ça, on les recense. La France donne aussi des statistiques des Guinéens qu’elle a accueillis. Il y a les préfectures qui peuvent nous donner les statistiques des personnes légalement établies.

Afriquevision.info : que faites-vous pour les compatriotes qui ont de problèmes de papiers ?

Aïssatou Diallo :vous le savez aujourd’hui il y a beaucoup de Guinéens qui arrivent par la mer. Et tous ceux-ci, je ne l’ai pas vu encore. Mais il est possible que je rencontre quelques-uns dans la rue parce qu’on les entend parler soit PoularSoussou ou Maninka. Et à Lyon, on a des quartiers qu’on appelle la Guillotière où on peut les trouver aussi. Comme je suis la présidente, souvent, je vais vers eux pour échanger, prendre leur contact et leur dire s’ils ont besoin de renseignements, d’aide de ne pas hésiter de m’appeler. Je n’ai aucun pouvoir au niveau étatique. Mais j’ai un pouvoir dans la commune.

Afriquevision.info : est-ce que vous travaillez en étroite collaboration avec l’ambassade de Guinée en France ?

Aïssatou Diallo : quand ils ont besoin d’organiser d’élections, ils nous contactent. C’est nous qui trouvons les bureaux de vote avec les partis politiques. Et quand on a aussi besoin de documents, on peut aller pour trois à quatre personnes à l’ambassade comme on a le titre de représentant de l’association mère. Donc, l’ambassade nous facilite aussi les tâches. Maintenant, tout se fait en ligne.

Afriquevision.info : est-ce que vous recevez des invitations à travers l’Ambassade lorsqu’une personnalité publique guinéenne est en France ?

Aïssatou Diallo :pas à ma connaissance ! Ce qui est sûr et certain, l’ancien ambassadeur de la Guinée, Amara Camara, paix à son âme, est arrivé à Lyon, on l’a accueilli. Et quand les fêtes consulaires arrivent aussi, on nous contacte pour participer à ce regroupement des Guinéens. Et on reçoit les ministres, surtout celui de la culture avec son équipe. Mais, ça, c’est la ville de Lyon qui invite l’ambassade et le ministère. À part ça, rien. Mais nous sommes invités, par exemple, à l’événement du 2 octobre, qui marque la fête d’indépendance de notre pays. Je pense que le prochain sera à Genève.

Afriquevision.info : êtes-vous en collaboration avec les autres associations à travers l’Europe ?

Aïssatou Diallo :non, pas du tout. J’ai appris qu’il y a une fédération des associations à Paris à laquelle je ne fais pas partie.

Afriquevision.info : quelles sont les difficultés auxquelles les Guinéens sont confrontés ?

Aïssatou Diallo: il y plusieurs difficultés auxquelles nous ne pourrions pas répondre, car nous n’avons pas un pouvoir étatique. Parmi ces difficultés, il y a le problème de logement, travail, et l’obtention de documents à notre ambassade de Paris. Deux problèmes majeurs doivent être regardés de près par notre gouvernement : le cas des étudiants et le cas des immigrants guinéens arrivés par voie maritime.

Afriquevision.info : est-ce qu’il y a des dispositions que vous avez prises pour accompagner ceux qui rencontrent des difficultés ?

Aïssatou Diallo : nous sommes souvent confrontés à de demandes de logements par les jeunes couples, nouveaux arrivants et étudiants. La seule façon d’apporter notre assistance est l’écoute. En donnant les informations et les conseils pour faciliter les démarches à suivre même si cela ne garantit pas l’obtention du logement. Pour les personnes sans papier, nous les dirigeons vers les services sociaux et leur donnons le numéro 115 pour être assisté dans l’immédiat.

Entretien réalisé par A.T.D pour Afriquevision.Info

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