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Les flux financiers illicites en provenance de l’Afrique s’élèveraient à 50 milliards US$ par an

La sixième édition de l’académie internationale de la justice fiscale qui s’est ouverte le 24 de ce mois à Dakar au Sénégal,  vient d’être clôturée ce vendredi 28 juin 2019. La session qui  a regroupée  plusieurs experts, journalistes et acteurs de la société civile du secteur économique et minier, venus des   pays de l’Afrique centrale et  de l’ouest, notamment la Guinée, la Cote d’Ivoire, la République démocratique du Congo et tant d’autres ont débattus  les enjeux liés à l’évasion fiscales dont le continent est victime. 

En plus, pendant ces quatre jours  les participants ont également échangé sur des  sujets  de   (la gouvernance fiscale des industries extractives, la fiscalité de l’économie numérique, les traités bilatéraux d’investissement,  les flux financier illicite le rôle du citoyen dans la gouvernance fiscale  la mobilisation des ressources fiscales pour ne citer que ceux-ci).

A cette occasion, les experts ont indiqué que dans la plupart des pays africains les lois fiscales  sont complexes et les règles fiscales  incompréhensibles, même pour les contribuables les mieux instruits. Dans de nombreux codes fiscaux, il existe une quantité d’exonérations et de dérogations qui représentent  un coût d’opportunité et un manque à gagner considérable. Ces exemptions  compliquent  les systèmes fiscaux et ouvrent la porte à l’emprise politique. Celles-ci  sont trop souvent considérées un peu coûteuses  parce que les coûts d’opportunité ne sont pas pris en compte et qu’elles sont accordées de façon had hoc.

Selon certaines informations, annoncées  lors de la  rencontre,  les flux financiers illicites en provenance de l’Afrique s’élèveraient à 50 milliards US$ par an c’est environ le double de l’aide publique que l’Afrique reçoit de ces partenaires occidentaux.

Les flux financiers, les prix de transfert l’évasion fiscale,  la corruption et  l’évitement fiscal  constituent  des facteurs qui freinent  le développement socio-économique de nos Etats africains. Cependant,  il est d’une nécessité primordiale d’harmoniser les textes de lois sur le plan interne qu’externe, de pouvoir négocier et renégocier également  des contrats en tenant compte des exonérations. Mais aussi des incitations fiscales, du pouvoir politique de l’Etat,  de pouvoir mobiliser des ressources internes pour échapper à la dette externe  ce qui lui permettra de renforcer ce  lien de confiance entre sa population.

Il faut noter que les représentants des organisations de la société civile, comme Action Mines-Guinée, le forum civil de Dakar et tant d’autres  qui ont pris part à cette rencontre ont tiré la sonnette d’alarme sur cette pratique destructrice de l’économie africaine. Ils ont par ailleurs proposé des solutions qui pourraient améliorer la gouvernance de ces secteurs.

 

Idiatou Souaré depuis Dakar

Activiste guinéenne dans la gouvernance des industries extractives

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