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Guinée: Tournons La Page tire la sonnette d’alarme sur une «épidémie» de disparitions forcées

En Guinée, les disparitions forcées sont devenues une « épidémie ». C’est le constat dressé par le mouvement citoyen Tournons La Page dans un rapport publié samedi 4 juillet. L’organisation affirme avoir documenté 35 cas d’enlèvements depuis l’arrivée au pouvoir du général Mamadi Doumbouya par un putsch il y a cinq ans. Tournons La Page dénonce une nouvelle méthode de répression des voix critiques.

Pendant plusieurs mois, les enquêteurs de Tournons La Page ont remonté la trace de dizaines de Guinéens disparus ou tués. Au fil de cette enquête, l’organisation affirme avoir mis au jour un phénomène qu’elle juge inédit : la multiplication des disparitions forcées. Pour Alseny Farinta Camara, coordinateur de Tournons La Page Guinée, ces méthodes rappellent celles de la première République.

« Ce nouveau mode opératoire de la gouvernance de Mamadi Doumbouya est une inspiration du régime du président Sékou Touré. Pendant la première République, on parlait des disparitions forcées, des enlèvements arbitraires et aujourd’hui, nous regrettons que le président Mamadi Doumbouya s’inspire des pratiques sékou-touréistes pour faire taire des Guinéens. Aussi s’en prendre aux familles des voix critiques en exil pour les faire taire, c’est extrêmement dangereux et c’est une pratique inédite sur le continent africain de nos jours. Cela ne se passe nulle part ailleurs qu’en Guinée. »

Selon Tournons La Page, la peur reste telle que seules onze familles ont accepté de témoigner publiquement, certaines uniquement sous couvert de l’anonymat. Jeudi, Tournons La Page réunira à Dakar des ONG ouest-africaines pour interpeller une communauté internationale qu’elle juge trop discrète à l’égard des droits humains en Guinée. Une rencontre organisée à l’occasion du deuxième anniversaire de la disparition des militants Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah.

D’après nos confrères de RFI, les autorités guinéennes n’ont pas répondu à leurs  sollicitations.

Par RFI