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COP17 : les dirigeants d’entreprises et de la finance prennent des mesures contre les subventions néfastes qui s’annoncent

Face à la restriction des subventions qui se profilent lors de cette dix septième conférence de la convention sur la biodiversité (COP17), qui se tient à Erevan en Arménie, des responsables du privé haussent le ton.

Les entreprises et la société civile réagissent aux signaux de la COP17 qui laissent présager des changements majeurs dans la réforme des subventions.

La présidence de la COP17 lancera ce lundi 26 octobre à Erevan, Arménie, lors de cette rencontre des parties, l’ « Appel d’Erevan pour des incitations positives en faveur de la biodiversité ». Cette déclaration de haut niveau permettra aux gouvernements et aux parties prenantes de s’engager à accélérer les mesures visant à réorienter 500 milliards de dollars de subventions d’ici à 2030. Parallèlement à cette déclaration, une coalition menée par les gouvernements et soutenue par les entreprises et les partenaires a été créée afin de mettre en place un mécanisme permettant de dynamiser concrètement les efforts. Il s’agit de la première véritable occasion pour les gouvernements, les entreprises et d’autres acteurs de se réunir afin d’élaborer un plan d’action pour l’objectif qui, actuellement, obtient les moins bons résultats dans l’Examen mondial. Enfin, le Défi de financement de la biodiversité d’Erevan a été lancé. Cette initiative, qui vise à soutenir les pays au niveau national, les aide à identifier et à concevoir des incitations positives, à verdir les incitations existantes et à intégrer la biodiversité dans leurs systèmes budgétaires publics.

Des rapports récents indiquent que le déficit de financement a atteint plus de 1 300 milliards de dollars par an. Cette situation est en grande partie due à l’augmentation des subventions néfastes. Un rapport récent de l’Institut Paulson souligne qu’« aujourd’hui, les gouvernements dépensent davantage en un seul mois en subventions nuisibles à la nature qu’en une année entière pour la protection de la biodiversité ». Selon Conservation International, le coût caché de ces subventions pourrait atteindre 11 000 milliards de dollars, soit plus de 24 000 milliards de dollars par an.

Réactions croisées

D’après Christopher Adamo, responsable mondial de l’impact du développement durable et de la certification B Corp chez Danone : « Les agriculteurs sont les principaux garants de nos sols et de nos ressources en eau ; pourtant, ils sont confrontés à des pressions économiques et environnementales croissantes. Nous investissons pour contribuer à la construction de chaînes d’approvisionnement agricoles plus résilientes, mais un impact significatif ne peut être atteint que grâce à la collaboration entre les entreprises, les décideurs politiques et les chaînes de valeur. Aucune entreprise ne peut mener cette transition seule. Des incitations et des politiques appropriées peuvent accélérer cette transition tout en renforçant la compétitivité, la résilience et la viabilité à long terme des systèmes agricoles. »

Selon Raphaëlle Archambeaud-Sicot, Directrice du développement durable chez L’Occitane en Provence, « Tout ce que nous fabriquons prend racine dans la nature. Nos produits dépendent de plantes cultivées par des agriculteurs de Provence et d’ailleurs, et de la santé des sols, de la pureté de l’eau et des pollinisateurs qui les nourrissent. Lorsque la nature se dégrade, nos chaînes d’approvisionnement se dégradent également. Pourtant, trop souvent, les fonds publics récompensent encore des pratiques néfastes au lieu d’encourager les pratiques durables. L’Appel d’Erevan et les Amis de Target 18 sont un signal fort : les gouvernements sont à l’écoute et prêts au changement. Réformer les incitations fiscales et financières valorise les producteurs durables et donne aux entreprises la confiance nécessaire pour investir dans une résilience à long terme. »

Pour Jacco Minnaar, directeur commercial et membre du conseil d’administration de Triodos Bank, de nombreuses ressources sont orientées pour abîmer l’écosystème.

« Trop de capitaux sont encore investis dans des activités qui contribuent à la destruction de la nature, tandis que trop peu sont consacrés à sa protection. C’est pourquoi nous saluons chaleureusement l’annonce faite aujourd’hui par la présidence de la COP17 de l’Appel d’Erevan et des Amis de l’Initiative Objectif 18. Les institutions financières ont la responsabilité de réorienter les capitaux, mais les gouvernements ont également un rôle crucial à jouer pour modifier les incitations qui déterminent l’orientation de ces flux. Ensemble, ces changements peuvent détourner les financements de la destruction de la nature et les orienter vers sa protection et sa restauration. », a-t-il déclaré.

Reste à savoir si ces déclarations des chefs d’entreprises de la finance pourront inverser la donne dans les négociations qui se terminent à la fin de la semaine.

Mamadou DIALLO pour Afriquevision.info

@Afriquevision1