La gloire précède toujours la chute. L’excès de confiance aveugle, détourne de la réalité et altère la lucidité. Ces quatre dernières années ont été marquées par un recul sans précédent dans l’exercice des droits et libertés constitutionnels ainsi que dans le respect de la dignité et de l’intégrité humaines.
Certains se comportent comme si l’État leur appartenait, tandis que d’autres s’arrogent un droit de vie et de mort sur leurs concitoyens. La loi semble s’appliquer aux uns mais pas aux autres. Il n’existe pratiquement aucun recours face aux abus de pouvoir, aux injustices flagrantes et aux atteintes graves à l’État de droit, qu’il s’agisse d’assassinats, d’enlèvements ou de disparitions forcées.
On n’entend désormais plus qu’un seul son de cloche dans un pays autrefois habitué aux débats contradictoires et aux confrontations démocratiques. Le pluralisme politique, la diversité des opinions et la compétition électorale ouverte à tous, qui, à défaut de garantir l’équité et la transparence, en incarnaient au moins l’ambition, semblent aujourd’hui appartenir à un passé révolu. C’est désormais la pensée unique et la loi du plus fort que l’on tente d’imposer à tous.
Après une élection présidentielle taillée sur mesure, bâclée, litigieuse et sujette à caution, il a été décidé de franchir un nouveau cap en prenant une mesure conflictuelle, voire suicidaire : dissoudre purement et simplement les partis politiques les plus représentatifs, pourtant historiques et légitimes.
Dès lors, une question s’impose : pourquoi continuer à mobiliser du temps, de l’énergie et des ressources publiques pour organiser des simulacres de scrutins en vase clos alors qu’il serait plus cohérent d’assumer, à l’instar de certains régimes militaires, le rejet de la démocratie, de ses contraintes et de ses exigences ?
D’autant plus que la confiance perdue ne se décrète pas et ne se reconquiert pas à coups de parodies électorales. Il faudra bien davantage pour restaurer la légitimité tant recherchée et susciter l’adhésion populaire tant convoitée.
Le silence imposé par la force des baïonnettes à un peuple qui semble prendre son mal en patience ne saurait être interprété comme un consentement, encore moins comme une résignation définitive. Par le passé déjà, dans des contextes de répression sanglante et de violence d’État, la majorité silencieuse avait reculé pour mieux rebondir.
C’est également la posture des forces vives qui, dans le calme et la détermination, se préparent à mettre fin aux velléités monarchiques et aux dérives dictatoriales. C’est une aspiration largement partagée, un défi qui interpelle toutes les consciences.
Le président de l’UFDG, El Hadj Cellou Dalein Diallo, engagé de longue date dans le combat pour l’émancipation du peuple de Guinée à l’instar de ses pairs, ne pliera ni sous l’oppression ni face à l’intimidation, et encore moins devant l’injustice.
Depuis son entrée en politique, il a affronté des épreuves redoutables sans jamais renoncer. Ceux qui en doutent n’ont qu’à observer et attendre : l’histoire se chargera de trancher. Car lorsque la tempête du peuple s’abattra sur une dictature bâtie sur le vide, celle-ci finira inévitablement par s’effondrer.
Souleymane Souza KONATÉ







