L’ombre des diables djihadistes a désormais franchi le seuil de nos maisons de Kourémalé et les couloirs du fleuve Niger que nous avons en partage avec nos voisins de l’hinterland sahélo-saharien.
Ce n’est plus un grondement lointain venu des sables du Sahel, mais une réalité brutale qui s’installe au cœur de nos cités. Le samedi 21 mars 2026, le communiqué du parquet général dirigé par Fallou Doumbouya a brisé le dernier miroir de notre insouciance.
Le ministère public confirme ainsi le démantèlement de réseaux liés au GSIM sur le sol guinéen, avec un bilan qui sonne comme un électrochoc.
Cela dessine la carte d’une hydre sans visage qui se rit de nos frontières poreuses comme d’un vieux grillage rouillé.
Le plus redoutable reste l’ennemi invisible. L’arrestation à Kankan de Fotigui Daou, identifié comme pièce maîtresse d’une cellule dormante, prouve que le loup est déjà dans la bergerie. L’infiltration est devenue numérique, en s’immisçant dans le secret de nos poches. Via des groupes WhatsApp aux noms de soufre, comme Charia ou Islam, l’unique solution, le poison de la haine se diffuse auprès de 513 membres, dont 38 Guinéens.
Les arrestations d’Ibrahima Sow à Siguiri et de Cheick Ibrahima Savané à Conakry sont les symptômes d’une infection qui gagne le sang de notre jeunesse. Le venin de l’obscurantisme cherche désormais ses proies au cœur même de nos familles.
L’espace des pays sahélo-sahéliens est devenu le nouvel épicentre de ce djihadisme. Cette zone porte aujourd’hui la croix de la moitié des victimes du terrorisme planétaire, avec des morts par milliers et des exilés par millions.
Face à ce déluge, la Guinée dresse un mur de fer, soutenu par une détermination partagée par la Cédéao et une coalition internationale musclée.
Notre pays a officiellement perdu son innocence. Le Sahel n’est plus à nos portes, car il respire déjà dans nos murs. Notre territoire national n’est plus une zone de transit vers l’hinterland sahélo-saharien, mais un champ de bataille opérationnel.
Désormais, la vigilance ne peut plus être le monopole des uniformes et des casernes. Elle doit vibrer au cœur de nos quartiers et villages, des hameaux aux campements les plus reculés, jusque dans le moindre sentier, pour que chacun apprenne à ouvrir l’œil. Cette vigilance doit être notre seconde peau pour sauver notre héritage de fraternité.
La République est debout et de marbre, mais elle doit s’armer de l’art de veiller sans paupières. Dès lors, que notre résistance, de 1958 à aujourd’hui, soit le couperet qui tranche les complots de nos agresseurs. Pour la République. J’ai dit.
Par Alpha Abdoulaye Diallo, in Le Populaire du 30 mars 2026







