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Les États-Unis vont exiger que certains étrangers versent une caution de 15.000 dollars pour avoir un visa touristique

Le projet pilote doit durer 12 mois et concerne aussi bien les visas pour affaires que pour tourisme, selon la notice du département d’État.

À partir de mi-août, ce dispositif controversé visera les voyageurs de plusieurs pays. Objectif : lutter contre les dépassements de séjour sur le territoire national.

Pour l’administration Trump, tous les moyens sont bons pour lutter contre les séjours trop longs sur le territoire américain. D’après un avis officiel publié ce lundi par le département d’État, les États-Unis vont tester, à partir du 20 août prochain, un dispositif contraignant certains touristes à verser une caution pouvant atteindre jusqu’à 15.000 dollars pour obtenir leur visa. Les voyageurs qui s’acquitteront de cette caution la récupéreront à leur départ du territoire, en cas de naturalisation ou de décès. L’objectif affiché est clair : décourager les dépassements de visa. Selon le gouvernement américain, environ 500.000 personnes sont soupçonnées d’avoir dépassé la durée légale de séjour en 2023.

D’une durée de douze mois, ce projet pilote cible les titulaires de visas B-1 et B-2 provenant de pays où les taux de dépassement de visa sont jugés élevés et où les informations de contrôle et de vérification sont insuffisantes. « Le programme pilote permettra au Département d’évaluer la faisabilité opérationnelle du dépôt, du traitement et du remboursement des cautions de visa, en coordination avec le Trésor et le Département de la Sécurité intérieure, et d’éclairer toute décision future concernant l’utilisation de ces cautions pour s’assurer que les non-immigrants respectent les conditions de leur visa et quittent les États-Unis dans les délais », précise l’avis publié au Registre fédéral américain.

« Sécurité nationale »

Ce dispositif reprend une initiative lancée en novembre 2020, à la fin du premier mandat de Donald Trump, mais qui était tombée à l’eau avec la pandémie de Covid-19 et l’effondrement du trafic international. À l’époque, deux douzaines de pays étaient concernées, majoritairement d’Afrique, dont les ressortissants affichaient des taux de dépassement de visa supérieurs à 10%.

Donald Trump a érigé la lutte contre l’immigration illégale en priorité absolue de son mandat, renforçant les moyens de surveillance aux frontières et multipliant les arrestations de personnes en situation irrégulière. Début juin, il avait déjà imposé une interdiction d’entrée aux ressortissants de douze pays au nom de la sécurité nationale. « Les personnes présentes illégalement aux États-Unis représentent une menace significative pour la sécurité nationale et la sécurité publique », avait alors justifié la Maison Blanche.

Le programme de caution annoncé ce lundi s’inscrit dans cette même logique. « Il est également conçu pour servir d’outil diplomatique afin d’encourager les gouvernements étrangers à prendre toutes les mesures appropriées pour garantir un contrôle rigoureux de l’identité et de la sécurité publique », souligne le département d’État. Les autorités américaines annoncent que la liste des pays concernés sera publiée sur le site Travel.State.Gov  du département d’État au moins quinze jours avant l’entrée en vigueur du programme et pourra évoluer, toujours avec un préavis de quinze jours.

Par Le Figaro