Comme de nombreux pays africains, la Côte d’Ivoire est confrontée aux effets du dérèglement climatique. Premier producteur mondial de cacao, le pays figure parmi les plus vulnérables face à ce phénomène.
En Côte d’Ivoire, la lutte contre le changement climatique s’annonce coûteuse. Lors d’un atelier national organisé le 26 mars dernier par le ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, les besoins financiers pour répondre aux engagements du pays ont été estimés à 62 milliards de dollars (54 milliards d’euros), d’ici 2030.
Des objectifs climatiques ambitieux
Cette estimation s’inscrit dans le cadre du développement du plan d’investissement des nouvelles Contributions déterminées au niveau national (CDN 3.0) de la première économie de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Adoptée en novembre 2025, cette feuille de route fixe une série de cibles à l’horizon 2035-2050, parmi lesquelles une baisse de 33% des émissions de gaz à effet de serre, le relèvement de la part des énergies renouvelables à 46% dans le mix électrique et la restauration de 1,5 million d’hectares de forêts.
Il s’agit d’un changement notable par rapport à la précédente stratégie de 2022 dont le coût était évalué à 22 milliards de dollars (19 milliards d’euros). Pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 30,41% à l’horizon 2030, elle envisageait des mesures d’adaptation dans l’agriculture, l’élevage, les forêts et la santé, ainsi que des actions d’atténuation ciblant surtout l’énergie, les déchets, l’agriculture et la sylviculture.
Des enjeux importants
À l’image de la plupart des pays africains, la Côte d’Ivoire ne représente qu’une part marginale des émissions mondiales (0,12%) selon les données du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).
Elle figure toutefois parmi les pays les plus exposés aux effets du changement climatique, notamment l’élévation du niveau de la mer et des températures et l’irrégularité croissante des précipitations. Dans un rapport publié en octobre 2023, la Banque mondiale soulignait que des secteurs clés de l’économie ivoirienne, comme le cacao ou l’énergie, risquent de voir leurs performances se dégrader.
Selon l’organisation, les dépenses prévues dans les précédentes CDN de 2022 représenteraient l’équivalent de 17% du PIB projeté en 2030, ou, si l’on étale l’effort de manière uniforme sur la prochaine décennie, un coût moyen d’environ 2% du PIB par an. Si cette facture semble élevée, l’institution souligne que le coût de l’inaction l’est encore davantage.
« Toutes choses étant égales par ailleurs, et dans le cadre d’un scénario de climat sec/plus chaud, le changement climatique devrait réduire le produit intérieur brut (PIB) réel de 13 pour cent d’ici à 2050, ce qui empêcherait 1,63 million de personnes de s’affranchir de la pauvreté. Quoique dispendieuses, les mesures d’adaptation peuvent potentiellement compenser une grande partie de l’impact négatif du climat, notamment sur les populations démunies », soulignait-elle en pointant également du doigt les conséquences sur les centres urbains et les dommages climatiques subis par les infrastructures en lien avec le dérèglement climatique.
Plus globalement, dans le cadre de ses efforts, le pays a bénéficié en mars 2024, d’un financement de 1,3 milliard de dollars du Fonds monétaire international (FMI) au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité, afin d’accompagner sa transition climatique. Quelques mois plus tard, en juillet de la même année, le gouvernement ivoirien a présenté un portefeuille de 315 projets, pour un montant global de 16,4 milliards de dollars lors d’une table ronde internationale consacrée au financement de l’action climatique.
Espoir Olodo, Agence Ecofin







