Dans un rapport rendu public ce lundi, l’ONG internationale Tournons La Page accable la junte au pouvoir sur les graves violations des droits humains et la répression des voix dissidentes depuis son arrivée aux affaires.
Conakry, le 22 décembre 2025 – Tournons La Page (TLP) publie ce jour un rapport détaillé documentant de graves violations des droits humains et des libertés publiques en Guinée sur la période 2022–2025. Intitulé « Chasse à l’Homme en Guinée :
Évolution des libertés publiques sous le CNRD) », le rapport met en évidence une dégradation continue de la situation des droits fondamentaux, marquée par une répression accrue à l’encontre des voix dissidentes et une fermeture progressive de l’espace civique.
Fondé sur une documentation rigoureuse, incluant des témoignages anonymisés, des analyses de sources crédibles et une vérification croisée des informations, le rapport conclut que le régime militaire guinéen est devenu de plus en plus répressif et violent à l’égard des acteurs de la société civile, des militants prodémocratie, des journalistes et des opposants.
Selon les faits documentés, entre 2022 et 2025, au moins 70 personnes ont été tuées par les forces de défense et de sécurité, sous la direction de Mamadi Doumbouya (arrivé au pouvoir le 5 septembre 2021 suite au coup d’État qui a renversé le régime d’Alpha condé), sans qu’aucune enquête indépendante, transparente et crédible n’ait été ouverte afin d’établir les responsabilités et d’éclairer l’opinion publique.
Le rapport établit qu’en quatre années de gestion de la transition, les autorités militaires sont impliquées dans de multiples infractions pénales, notamment : des arrestations et détentions arbitraires de voix dissidentes ; des blessures graves infligées lors d’opérations de maintien de l’ordre ; des actes de torture et des traitements inhumains et dégradants ; des enlèvements arbitraires, des disparitions forcées et des exécutions extrajudiciaires.
Ce climat de chasse aux voix dissidentes a contraint de nombreux citoyens guinéens à l’exil, tandis que d’autres croupissent injustement à la Maison centrale de Conakry ou demeurent portés disparus. Dans les cas les plus tragiques, des personnes ont été froidement abattues par les forces de défense et de sécurité, dans des contextes touchants presque tous les secteurs d’activité.
Le rapport souligne également une instrumentalisation préoccupante de la justice à des fins politiques et personnelles par les autorités militaires. Loin de jouer son rôle de garant de l’État de droit, la justice apparaît de plus en plus comme un outil de règlement de comptes, sapant profondément la confiance des citoyens et renforçant un climat d’arbitraire et d’impunité sur l’ensemble du territoire national.
Par cette publication, Tournons La Page entend informer l’opinion publique nationale et internationale sur la réalité documentée des violations des droits humains en Guinée et rappeler l’importance du respect des libertés fondamentales, de l’État de droit et des engagements internationaux du pays.
Cette démarche ne constitue pas une prise de position électorale et n’a pas pour objet d’influencer un processus politique ou un choix de vote. Cliquez ici pour accéder au rapport complet.







