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Guinée : l’impact et la casse écologique du projet Simandou !

Dans ce décryptage de ce rapport synthétique, des acteurs présentent les principaux impacts écologiques associés au projet Simandou (Guinée), un méga‑projet d’exploitation de minerai de fer incluant des sites miniers, une ligne ferroviaire (~600+ km) et des infrastructures portuaires. Le document résume les risques majeurs (déforestation, altération des ressources en eau, perte de biodiversité, émissions de gaz à effet de serre), les effets sur les moyens de subsistance des communautés locales, les lacunes identifiées dans les études d’impact et des recommandations pour la mitigation et le suivi.

  1. Contexte du projet

Le projet Simandou concerne l’exploitation de vastes gisements de minerai de fer situés dans le sud‑est de la Guinée. Il prévoit l’extraction minière, la construction d’un chemin de fer d’envergure et la création d’infrastructures portuaires pour l’exportation. Les participants et consortiums impliqués incluent des acteurs internationaux et des partenaires étatiques.

  1. Impacts écologiques principaux

2.1 Déforestation et fragmentation des habitats

  • La construction des sites miniers, des routes de desserte et du corridor ferroviaire entraîne une déforestation directe de forêts primaires et secondaires. • Fragmentation des habitats, isolement des populations d’espèces et diminution des aires de migration. • Espèces affectées : primates (chimpanzés occidentaux), oiseaux endémiques et autres espèces forestières menacées.

2.2 Eau et pollution hydrique

  • Consommation importante d’eau pour les opérations minières et risques de modification des cycles hydrologiques locaux. • Risques de turbidité, sédimentation accrue, contamination par métaux lourds et pollution chimique pouvant affecter les sources d’eau potable et l’agriculture. • Impacts potentiels sur les pêcheries et les zones côtières liées au projet portuaire.

2.3 Perte de biodiversité

  • Destruction et altération d’habitats critiques pour des espèces menacées. • Impact sur corridors écologiques et zones protégées potentielles. • Perturbation des écosystèmes marins et estuariens autour des zones d’implantation portuaire (notamment mangroves).

2.4 Émissions de gaz à effet de serre

  • La déforestation et le défrichement libèrent du carbone stocké dans la biomasse et les sols. • Les activités d’extraction, de transport (ferroviaire, maritime) et de transformation génèrent des émissions directes et indirectes de CO₂ et autres gaz à effet de serre.
  1. Impacts socio‑écologiques et sur les moyens de subsistance
  • Perte d’accès aux terres agricoles, aux zones de chasse et de cueillette, réduisant la sécurité alimentaire des communautés locales. • Détérioration de la qualité de l’eau et des sols pouvant entraîner des problèmes de santé et une baisse des revenus agricoles. • Risques de déplacement, de conflits fonciers et d’inégalités si les compensations sont insuffisantes ou mal gérées.
  1. Lacunes et critiques des évaluations d’impact

Les ONG et observateurs ont signalé des limites dans les études d’impact : consultations locales perçues comme insuffisantes, données scientifiques incomplètes, manque de suivi indépendant à long terme et transparence limitée sur les mesures de compensation environnementale.

  1. Mesures de mitigation recommandées

Voici une liste de mesures à envisager pour limiter les impacts écologiques :

  • Éviter les zones à haute valeur écologique (définition stricte des zones non‑constructibles).
  • Concevoir le tracé ferroviaire et les infrastructures pour minimiser la fragmentation (tunnels, passages fauniques, corridors).
  • Mettre en place des programmes robustes de reforestation et de restauration écologique avec espèces natives.
  • Surveiller la qualité de l’eau et du sol via des laboratoires indépendants et publier les résultats régulièrement.
  • Garantir un fonds dédié à la compensation et au développement durable des collectivités locales (géré indépendamment).
  • Effectuer un suivi écologique pluriannuel et transparent (10+ ans) avec indicateurs clairs.
  • Renforcer les processus de consultation libre, préalable et éclairée des communautés locales.
  • Adopter des technologies et pratiques visant à réduire les émissions (efficacité énergétique, électrification, transport optimisé).
  1. Programmes de suivi et transparence
  • Mise en place d’un observatoire indépendant (scientifiques, ONG, représentants communautaires) pour le suivi écologique. • Publication périodique de rapports environnementaux accessibles au public. • Mécanismes de recours pour les communautés affectées (commission d’examen, médiation, accès à la justice).
  1. Conclusion

Le projet Simandou présente un potentiel économique important pour la Guinée mais comporte des risques écologiques majeurs qui exigent des mesures strictes de prévention, de mitigation et de suivi indépendant. Sans garanties fortes, les coûts environnementaux et sociaux pourraient dépasser les bénéfices attendus.

Par Mamadou DIALLO

Amadou Diogo Diallo

Mohamadou DIALLO

BAH Oumar Diogo, BARRY Thierno Amadou,

BAH Thierno Aliou, DIALLO Souleymane, et

DIALLO Alpha Yagouba, pour Afriquevision.info

contact@afriquevision.info