La trentième conférence de la convention cadre des nations unies sur les changements climatiques (COP30) ouvre ses portes ce lundi 10 novembre à Belém, au Brésil où plus de 190 chefs d’État et gouvernements prendront part pour parler de l’avenir de la planète.
Cette COP30 s’annonce dans un contexte international difficile.
Les négociations se dérouleront sans les États-Unis et à ce stade, en l’absence des feuilles de route climatiques de très nombreux pays.
Mais il y a tout de même des bonnes nouvelles pour la planète, notamment sur le front des forêts, de la finance climatique et des émissions de méthane.
« La fenêtre d’opportunité » pour agir contre le réchauffement climatique « se ferme rapidement ». Tels ont été les mots choisis par le président brésilien Lula à l’occasion du sommet des chefs d’États et de gouvernement en prélude à la COP30 qui s’ouvre lundi à Belém. De son côté, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a rappelé que le dépassement du seuil de 1,5°C de réchauffement de la planète était désormais « inévitable » selon les scientifiques, exhortant le monde à faire en sorte qu’il soit « aussi faible et aussi bref que possible », sauf à rendre « la perspective d’un avenir vivable de plus en plus incertaine ».
De tels propos décrivent l’ambiance dans laquelle s’ouvre la COP30 lundi à Belém, au Brésil. D’autant que les négociations climatiques internationales se déroulent dans un climat multilatéral complexe, en l’absence des États-Unis de Donald Trump et, à ce stade, sans les feuilles de route des principaux émetteurs de gaz à effet de serre, l’Inde par exemple.
Reste que les COP ont permis de ralentir le réchauffement de la planète : il est par exemple établi que sans les engagements internationaux pris lors de ces négociations, le monde serait sur une trajectoire de réchauffement comprise entre +4 et +5 degrés ; quand il est aujourd’hui sur un réchauffement compris entre +2 et +3 degrés.
L’objectif, rappelle Antonio Guterres, est de faire en sorte que le dépassement du seuil symbolique de +1,5 degré soit le plus court possible. « Notre mission est simple, mais pas facile : il nous faut faire en sorte que tout dépassement soit aussi faible et aussi bref que possible », a-t-il déclaré dans un message vidéo avant le début des négociations, exhortant les États du monde entier à « réduire à zéro les émissions nettes de gaz à effet de serre » d’ici à 2050 pour espérer « ramener l’augmentation de la température mondiale en dessous de 1,5°C d’ici à la fin du siècle ».
À l’occasion de la COP30, la rédaction de TF1 a choisi de vous partager trois bonnes nouvelles qui ont un impact à l’échelle de la planète : la lutte contre la déforestation, la finance climatique et les émissions de méthane.
La forêt, star de la COP30
La COP30 est la COP des forêts. Pouvait-il en être autrement alors qu’elle se tient en plein cœur de l’Amazonie ? Le président Lula en a donc profité pour concrétiser une idée lancée il y a deux ans : un fonds destiné à préserver les forêts tropicales.
Son nom ? Le TFFF, pour « Tropical Forest Forever Facility » (en français « Facilité de financement des forêts tropicales »). Son principe est simple : il s’agit de collecter des milliards de dollars auprès des États du monde entier, de placer l’argent sur les marchés financiers et d’utiliser les dividendes pour préserver les forêts.
Lula vise 125 milliards de dollars. À quelques jours de la COP, le thermomètre des promesses dépassait déjà les cinq milliards de dollars, dont trois milliards promis par la Norvège.
Reste encore à déterminer les conditions précises de fonctionnement de ce fond, et son encadrement, afin que l’argent serve effectivement à financer la protection des forêts, et non pas tout type de projet.
Ce n’est pas la seule bonne nouvelle pour les forêts : la déforestation dans l’Amazonie brésilienne a baissé de 11% sur un an. Soit son plus bas niveau depuis 2014. Il s’agit de la quatrième baisse d’affilée pour ce chiffre qui représente le taux officiel de la déforestation au Brésil.
Pour rappel, le Brésil abrite environ 60% de la principale forêt tropicale de la planète, qui joue un rôle crucial dans l’absorption de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique. Elle fonctionne aussi comme une sorte de « pompe à eau » pour le continent sud-américain : la vapeur d’eau qui s’en dégage génère des pluies jusqu’à l’Argentine et permet l’agriculture.
Il y a tout de même un mais : cette baisse de la déforestation ralentit, notamment à cause de la sécheresse et des incendies, qui sont partout sur la planète une menace pour les forêts tropicales. Pour rappel, le monde s’est engagé à éradiquer la déforestation à l’horizon 2030.
Les sous, ça va mieux !
Lors des COP, le sujet des gros sous n’est jamais loin, notamment du côté des pays en développement qui rappellent, à ces occasions, la responsabilité historique des pays du Nord dans le réchauffement de la planète.
À Belém, le sujet ne devrait toutefois pas être central, puisque la question financière était l’objet de la dernière COP, organisée en Azerbaïdjan l’an dernier.
Mais ce sujet, qui bien souvent empêche les négociations d’avancer, connaît aussi des résultats positifs : ainsi, le Fonds vert pour le climat de l’ONU a connu une année record en termes d’approbation de projets dans les pays vulnérables au changement climatique.
Basé à Songdo, en Corée du Sud, et opérationnel depuis 2015, le Fonds vert pour le climat est le plus grand fonds multilatéral au monde dédié au climat : il a récolté 19,3 milliards de dollars depuis sa création et vise à atteindre les 50 milliards d’ici à 2030.
Cette année, il a annoncé avoir récolté 3,26 milliards de dollars, un montant record en forte hausse par rapport aux 2,9 milliards de dollars de sa deuxième meilleure année en 2021.
Ce n’est pas la seule bonne nouvelle sur le front de l’argent : ainsi, l’objectif de mobiliser 100 milliards de dollars de financements climatiques annuels à destination des pays en développement a « probablement » été atteint en 2023 pour la deuxième année consécutive, selon l’OCDE.
L’engagement de 100 milliards a été pris en 2009 par les pays développés à la désastreuse COP de Copenhague, et devait initialement être atteint en 2020, il n’a finalement été réalisé pour la première fois qu’en 2022.
Quoiqu’il en soit, les pays riches se sont engagés l’an dernier à augmenter leurs financements climatiques pour les pays en développement à 300 milliards de dollars par an d’ici à 2035. Un accord assorti d’un appel à accroître le financement climatique total pour les pays en développement à 1.300 milliards de dollars par an d’ici à 2035, en incluant des fonds privés et d’autres sources.
Une crainte demeure tout de même pour l’année 2025, dont on ne connait pas encore le montant, en raison de la baisse de l’aide au développement dans de nombreux pays occidentaux.
Sur le méthane, ça avance
Enfin, la COP30 devrait voir se concrétiser des engagements sur le méthane, peut-être via la création d’une coalition de pays impliqués sur le sujet, dont la France.
Ce gaz à un pouvoir réchauffant bien plus important que le CO2 et une durée de vie plus courte dans l’atmosphère : toute action visant à diminuer les émissions de méthane est donc perçue comme un levier essentiel pour réduire la vitesse de réchauffement de la planète.
Avant l’ouverture de la COP, la fondation philanthropique du milliardaire américain Michael Bloomberg a annoncé un nouvel investissement de 100 millions de dollars pour combattre les émissions de méthane.
Invisible dans l’air et inodore, le méthane, deuxième plus important gaz à effet de serre après le CO2, est la molécule du gaz naturel produite par l’agriculture, l’exploitation de combustibles fossiles, mais aussi la décomposition des déchets entreposés dans des décharges. Ce gaz est responsable d’un tiers du réchauffement climatique.
Avec TF1 Info







