L’enseignement de la langue française devient désormais obligatoire dans le système éducatif Angolais. Dans ce pays lusophone, les enfants pourront apprendre la langue du Molière dès l’école primaire, une façon pour le pouvoir de se rapprocher aux pays francophones dont il partage des frontières (RDC et Congo Brazzaville).
En juin 2025, l’Angola a rendu obligatoire l’enseignement du français dès le primaire. D’ici 2050, près de 600 millions de personnes pourraient parler la langue de Molière dans le monde. Une dynamique dont le centre de gravité se déplace inexorablement vers le continent africain.
C’est une petite révolution passée presque inaperçue. En juin 2025, l’Angola, pays lusophone de 39 millions d’habitants, a décidé de rendre obligatoire l’enseignement du français dès le troisième cycle du primaire, soit dès 10 ans. Une langue qui n’était jusqu’alors qu’optionnelle, enseignée à un nombre restreint d’élèves au secondaire.
Les raisons sont d’abord économiques : l’Angola partage de longues frontières avec deux géants francophones : le Congo-Brazzaville et la République démocratique du Congo. « L’opportunité économique est importante, le pays veut se diversifier avec les pays francophones », nous explique Mohamed Embarki, directeur de l’Observatoire de la langue française au sein de l’Organisation internationale de la francophonie.
Développement de la langue
« Admis comme membre observateur de l’OIF au Sommet de Djerba en 2022, l’Angola a depuis pris des engagements concrets. La décision de renforcer l’enseignement du français dès le primaire constitue un signal très positif (et) traduit une volonté concrète d’investissement dans la langue et dans les opportunités qu’elle offre, en particulier pour la jeunesse », assure également à TF1info la secrétaire générale de l’organisation, l’ancienne ministre des Affaires étrangères rwandaise Louise Mushikiwabo.
Il faut dire que ces dernières années, l’Afrique est devenue le cœur du développement(nouvelle fenêtre) de la langue française : 65% des francophones du monde s’y trouvent même aujourd’hui. Et la tendance ne fait que s’accélérer : « Le centre de gravité de la francophonie se déplace progressivement sur ce continent, en raison de sa forte croissance démographique, et d’une population bien plus jeune, analyse Mohamed Embarki. Donc mécaniquement, contrairement à d’autres langues, la pratique du français va augmenter. » Exemple frappant : la République démocratique du Congo, aujourd’hui deuxième pays francophone en nombre de locuteurs, va passer cet été devant… la France.
Mais la langue de Molière peut-elle pour autant et prochainement devenir la plus parlée du monde ? « En 2050, on sera au seuil des 600 millions de locuteurs francophones(nouvelle fenêtre) », avance le linguiste. Un chiffre qui place le français dans une position bien plus favorable qu’on ne le croit souvent : « Si on compte le nombre de pays dont le français est langue officielle, on est en réalité facilement à 800 millions de locuteurs. Le français est même la deuxième langue dans le monde si on prend comme indicateur sa diffusion et son utilité au quotidien, derrière l’anglais, mais largement devant le mandarin. »
Ce « taux de véhicularité » comme l’appellent les spécialistes, à savoir la capacité d’une langue à être utilisée dans des contextes formels et officiels, est selon lui « beaucoup plus intéressant » que le simple comptage de locuteurs natifs. Et l’expert de préciser : « Le français est une langue qui se porte bien, en bonne santé. »
Pour l’Angola en revanche, les fruits de cette réforme ne seront visibles que dans plusieurs décennies. « L’introduction du français va porter ses fruits dans plusieurs années. Mais il y a là-bas un engouement réel pour la langue », observe-t-il. Dans un pays qui devrait compter, en 2050, plus de 75 millions d’habitants.
Avec TF1







