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Clôture de la COP17 : que peut-on retenir ?

La dix-septième conférence des Nations Unies sur la biodiversité a pris fin le samedi 31 octobre à Erevan en Arménie. À cette occasion, les 200 pays participants à ce sommet ont conclu les négociations dans une note définissant la voie à suivre pour disent-ils accélérer l’action mondiale en faveur de la nature.

Dans leur document final, les parties ont adopté près de 50 décisions visant à renforcer la science, à soutenir la mise en œuvre et à ouvrir la voie à une action accélérée en faveur de la biodiversité.

Pour y arriver, les négociateurs exhortent les États membres de cette convention à redoubler d’efforts en matière d’objectifs mondiaux relatifs à la biodiversité.

Dans leur communiqué de presse dont notre rédaction a reçu copie, les parties de la Conférence des Nations Unies sur la biodiversité de 2026 indiquent avoir conclues les négociations de deux semaines en adoptant un ensemble de décisions qui font progresser les travaux de la Convention sur la diversité biologique (CDB) sur les plans scientifique, technique et de la mise en œuvre. Parmi les principaux résultats figure la Voie d’Erevan, une réponse négociée au premier examen des progrès collectifs accomplis dans la mise en œuvre du Cadre mondial de Kunming-Montréal pour la biodiversité (CMMBB).

La Conférence comprenait la 17e Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique (COP 17) et des réunions des Parties au Protocole de Carthagène sur la biosécurité et au Protocole de Nagoya sur l’accès et le partage des avantages. L’examen mondial réalisé lors de la COP 17 était un bilan fondé sur les données probantes présentées dans le rapport « État de l’action pour la biodiversité », publié peu de temps auparavant. Évaluant les progrès accomplis à l’échelle mondiale, le rapport a constaté que le monde n’est pas en voie d’atteindre les 23 cibles du Cadre d’action d’ici à 2030.

La Voie d’Erevan propose une réponse commune à ces constats, en identifiant les priorités d’action jusqu’en 2030 et les domaines où les progrès devront être accélérés. Il s’agit notamment de lutter contre les subventions et les incitations néfastes pour l’environnement, d’accroître le soutien financier, scientifique et technique aux pays en développement, d’aligner les budgets nationaux et les décisions économiques sur le Cadre de financement des grandes économies nationales (KMGBF) et de renforcer les mécanismes de mise en œuvre, de suivi, de rapportage et d’examen.

En réunissant les décisions négociées, les nouveaux engagements financiers et initiatives, ainsi que l’action conjointe des gouvernements et de la société civile, la conférence a contribué à lever les obstacles à la mise en œuvre, à mobiliser des ressources pour réduire le déficit de financement de la protection de l’environnement et à renforcer les conditions nécessaires pour transformer les engagements mondiaux en actions.

Selon eux, « Au cours de ces deux semaines, nous avons démontré que les divergences peuvent être surmontées, les engagements peuvent se transformer en décisions et la coopération peut porter ses fruits », a déclaré Hambardzum Matevosyan, président de la COP 17. « L’adoption de la Voie d’Erevan témoigne de notre détermination collective à relever l’un des défis les plus urgents de notre époque. Elle définit les priorités de l’action collective, depuis la mise en œuvre des plans nationaux et la mobilisation des ressources financières jusqu’au renforcement de la science, du suivi et de la participation de tous les secteurs de la société. »

Parallèlement à cette orientation commune, la Conférence des Nations Unies sur la biodiversité de 2026 a permis de prendre des décisions négociées sur des sujets scientifiques essentiels, notamment les aires protégées et la biodiversité forestière, la gestion durable de la faune sauvage, les espèces exotiques envahissantes, l’évaluation des risques liés aux organismes vivants modifiés, la biodiversité marine et côtière, la biologie synthétique et l’intégration de la biodiversité.

« Les quatre prochaines années doivent permettre d’accélérer et de s’aligner sur les engagements pris lors de l’adoption du Cadre mondial de Kunming-Montréal pour la biodiversité », a déclaré la Secrétaire exécutive de la Convention sur la diversité biologique, Astrid Schomaker. « Nous savons ce qui doit changer. On ne peut protéger la nature tout en continuant de financer sa destruction. Les ressources doivent parvenir aux pays et aux communautés qui en ont besoin. Et la biodiversité doit être intégrée aux décisions économiques quotidiennes. En fin de compte, le véritable test ne réside pas dans ce que les gouvernements ont convenu à Erevan, mais dans les changements qu’ils mettent en œuvre une fois rentrés chez eux. »

Les lacunes de financement, les incitations néfastes, l’accès limité aux technologies, aux données et aux connaissances, ainsi que l’insuffisance de l’engagement des pouvoirs publics et de la société civile demeurent des obstacles majeurs à la mise en œuvre. La Conférence a permis de prendre des décisions, des engagements et des initiatives visant à lever ces obstacles, notamment en mettant davantage l’accent sur l’éducation à la biodiversité.

À l’issue de négociations intensives, les Parties ont convenu des règles de fonctionnement du nouvel organe subsidiaire permanent prévu à l’article 8 j), officiellement appelé les Lignes directrices de Sevan, ce qui constitue une étape importante dans le renforcement du rôle des peuples autochtones et des communautés locales dans l’élaboration des politiques et des actions mondiales en matière de biodiversité.

Parmi les annonces figuraient près de 2 milliards de dollars de nouveaux financements pour la biodiversité, dont 560 millions de dollars au titre du programme de reconstitution des ressources du FEM-9 et de son Fonds-cadre mondial pour la biodiversité, 500 millions de dollars par le biais de la Species Recovery Alliance et plus de 330 millions de dollars par le biais du Value Nature Fund, une initiative visant à mobiliser des capitaux privés pour la nature.

Parmi les autres initiatives, citons l’effort mené par la présidence pour réformer les incitations néfastes, une nouvelle obligation pour la biodiversité et un incubateur d’investissement lancés par la Banque asiatique de développement, une proposition de loi-cadre modèle sur les forêts pour renforcer l’application des réglementations environnementales et de nouveaux indicateurs et mesures de l’état de la nature pour améliorer le suivi et la responsabilisation en matière de biodiversité.

« Le monde s’est déjà entendu sur un plan global pour préserver la nature », a déclaré Inger Andersen, directrice exécutive du Programme des Nations Unies pour l’environnement. « Cette COP visait à accélérer la mise en œuvre du Cadre mondial de Kunming-Montréal pour la biodiversité et à transformer ces objectifs en actions concrètes et décisives. »

À Erevan, précisent-ils, « Nous avons constaté une fois de plus la victoire du multilatéralisme environnemental. Les pays se sont réunis, ont fait preuve d’esprit de compromis et nous ont permis de prendre des décisions importantes qui favoriseront de réels progrès pour les populations et pour la planète.

Alors qu’il reste quatre ans pour atteindre les 23 objectifs mondiaux en matière de biodiversité, l’attention se porte désormais sur la mise en œuvre des décisions et engagements pris à Erevan. La Stratégie d’Erevan orientera les efforts nationaux jusqu’en 2030, les progrès étant évalués au regard des changements de politiques, de l’allocation des ressources et des améliorations concrètes pour la nature et les populations. La prochaine Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique (COP 18) se tiendra en 2028 en Équateur, alors qu’il reste deux ans pour atteindre les objectifs mondiaux en matière de biodiversité.