- À la Une, Actualités, Afrique, Politiques

Cameroun : un collectif d’intellectuels demande la mise en place d’un plan de succession de Biya

Dans cette tribune un groupe d’intellectuels Camerounais, dont le célèbre historien Achille Mbembe ou encore le cinéaste Jean-Pierre Bekolo appelle à une transition constitutionnelle.

Intitulé « Le Cameroun n’a, en réalité, plus de gouvernement : à quand la mise en place de la succession présidentielle ? », les auteurs s’interrogent chez nos confrères la Libération, sur comment mettre en place les mécanismes permettant de changer de couleurs du régime actuel. Ils constatent la vacance du pouvoir de Paul Biya, qui dirige ce pays d’Afrique centrale depuis plus de 40 ans.

Âgé de 93 ans dans un pays où la moyenne d’âge est de 19 ans, le président Paul Biya est, dans les faits, déconnecté de l’exécutif. Face à cette vacance du pouvoir, des personnalités civiques attachées à la vie démocratique du pays, dont Achille Mbembe, demandent l’instauration d’une transition constitutionnelle.

Nous, soussignés – universitaires, juristes, artistes, responsables religieux et communautaires, leaders d’opinion et personnalités engagées dans la vie civique camerounaise, attachés à l’avenir démocratique du pays – nous adressons aux institutions compétentes de la république ainsi qu’à l’opinion publique nationale et internationale, pour constater la vacance de pouvoir de fait et demander la mise en place des conditions de la succession présidentielle, par l’instauration sans délai d’une période de transition fiable et légitime.

Cette démarche ne procède d’aucune hostilité personnelle, mais d’une évidence qu’imposent, avec une force croissante, les faits : le Cameroun n’est plus gouverné.

Le président de la République, âgé de 93 ans dans un pays où la moyenne d’âge est de 19 ans, exerce ces fonctions depuis quarante-quatre ans. Une telle longévité à la tête d’un État est presque inédite dans le monde contemporain.

Une déconnexion croissante avec le gouvernement

Les absences prolongées du territoire national, dont la durée et la fréquence n’ont cessé de s’allonger ces dernières années, se sont doublées d’une déconnexion croissante avec son propre gouvernement, au point que l’exercice du pouvoir exécutif, lorsqu’il subsiste, s’apparente à un pilotage à distance, sinon à une absence pure et simple.

Un président que son propre exécutif ne voit plus, et qui ne le voit plus lui-même, cesse d’en être le chef autrement que de nom. Et comme le présidentialisme renforcé s’est traduit pendant des décennies par une dominance excessive.

Les auteurs de la tribune demandent une réflexion profonde permettant de mettre en place un chemin de changement de pouvoir. Dans cette méthode, les tenants du pouvoir actuel doivent être exclus, indique leur tribune.