Cette intervention sur les prix se fait dans un contexte de volatilité persistante sur le marché international de l’énergie, combinée à des pressions sur le taux de change.
Cette intervention sur les prix se fait dans un contexte de volatilité persistante sur le marché international de l’énergie, combinée à des pressions sur le taux de change.
Face à la flambée des cours du pétrole à l’international et aux tensions sociales qu’elle attise au niveau local, Accra actionne un levier éprouvé pour alléger la facture énergétique des consommateurs. Le gouvernement tente de freiner l’inflation tout en évitant un impact majeur sur le coût de la vie.
Le président de la République du Ghana, John Dramani Mahama, a ordonné le lundi 3 août 2026 une réduction de 2 cedis (0,15 €) par litre de la marge réglementaire appliquée au diesel. La directive, qui entre en vigueur ce mardi 4 août, est cependant temporaire et restera en application durant un mois, sauf décision du gouvernement de la prolonger.
Elle s’inscrit dans la réponse des autorités à la hausse des prix internationaux du pétrole et à son impact sur l’économie ghanéenne. Selon la présidence, « cette intervention temporaire vise à protéger les consommateurs, à prévenir une hausse des tarifs de transport, à contenir les pressions inflationnistes et à atténuer l’effet de répercussion de la hausse des prix des carburants sur le coût de la vie ».
La menace d’une hausse des tarifs de transport
La décision survient dans un contexte social tendu. Elle fait en effet suite à une menace de la Ghana Private Road Transport Union (GPRTU) d’augmenter les tarifs de transport de 30 %, après l’annonce d’une augmentation des prix des carburants par la Chambre des sociétés de commercialisation de produits pétroliers (COMAC), dès le 1er août. Selon les estimations de la COMAC, le prix de l’essence devrait connaître une hausse d’environ 7,58 %, tandis que le diesel devrait enregistrer la plus forte augmentation, de l’ordre de 12,50 %. Le prix du GPL devrait également augmenter d’environ 4,13 %.
Des estimations qui ont ravivé les inquiétudes sur le coût de la vie et l’inflation. Le domaine du transport routier, très dépendant du gazole, constitue en effet un maillon sensible de la chaîne des prix à la consommation au Ghana : toute hausse du carburant se répercute rapidement sur les tarifs des minibus « tro-tro » et des taxis collectifs, principaux moyens de déplacement de la population.
La flambée récente des cours du pétrole n’est pas propre au Ghana. Elle s’explique en partie par le renchérissement des produits raffinés durant le conflit impliquant l’Iran, comme l’a révélé le directeur général de la National Petroleum Authority (NPA), Edudzi Tameklo, également régulateur du secteur pétrolier. Il a expliqué qu’avant le conflit, une tonne métrique de diesel se vendait à environ 690 euros, mais qu’après l’intensification des hostilités, le prix est passé à environ 1 164 euros la tonne métrique.
Par Agence Ecofin







